Réflexions autour du Lancer – Mouche


Aujourd’hui la comparaison de la philosophie du tir à l’arc de chasse et du lancer mouche.

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Au premier regard vous vous demandez ou je veux en venir mais vous allez très rapidement comprendre que les deux activités sont plus que proches. Physiquement et spirituellement: Pourquoi ? Tout d’abord vous concédez que le but de l’un et de l’autre soit le même : atteindre une cible vivante imaginaire. A la pêche à la mouche on cherche à poser notre mouche à un endroit bien précis, pour leurrer une truite par exemple. Mais au tir à l’arc de chasse, on cherche à placer la flèche sur un point précis, à un des endroits vitaux d’un animal pour le capturer. C’est l’acte primordial du chasseur – pêcheur depuis des millénaires. Pour réussir notre but recherché nous nous servons d’ « outils » spécifiques pour chacune des prédations ; d’un côté un arc, une flèche avec une pointe, et de l’autre côté, une canne, une ligne et une mouche. L’arc est en quelque sorte le « réservoir » d’énergie ou de force pour atteindre le gibier, car c’est en le tendant que nous donnons l’énergie potentielle à la flèche. D’autre part, c’est bien la « souplesse – ressort » de notre canne à mouche qui doit projeter la soie pour poser la mouche au bon endroit. Donc dans les deux cas notre musculature sert a tendre, tordre en quelque sorte, l’outil et sa flexibilité, servent à revenir à son état de repos, tout en projettent la flèche ou la soie à mouche. L’énergie cinétique ( Elle s’exprime en joule (J). Pour un point matériel l’énergie cinétique est égale au travail des forces appliquées nécessaires pour faire passer le corps du repos au mouvement ) donc l’énergie disponible mais pas encore libérée, elle est « emmagasinée » dans les branches de l’arc ou le blanc de votre canne à mouche. Libérée, la flèche part et l’emporte vers sa cible, tout comme la soie qui part vers l’avant en portant la mouche vers sa destination finale. Le but de notre action est parfaitement identique dans les deux activités, c’est la prédation. Le sens majeur nécessaire pour réussir est, sans aucune discussion : LA VUE qui nous permet d’abord de détecter la cible, de la suivre en évaluant la distance entre elle et nous, grâce à notre vision binoculaire, et enfin de viser l’endroit précis de notre «  impact  » souhaité. Avant de s’occuper de notre fictive proie, je vous conseille avec insistance d’investir, le temps nécessaire, à apprendre de vous servir de vos outils. Au début, vous devez oublier la truite ou le chevreuil et vous concentrer sur votre mental et ensuite seulement, le geste, sur du gazon de préférence. Voici comment le Maitre SUZUKI enseigne à ses élèves la philosophie avant la pratique du tir à l’arc.  « Dans le tir à l’arc, au sens traditionnel, le japonais ne voit pas un sport mais bien la pratique d’un culte. Il ne s’agit pas pour lui d’apprendre à toucher la cible dans un style plus ou moins brillant, objectif mesquin, méprisable, et qui, une fois atteint, fait un homme prisonnier de sa propre réussite ; mais bien plutôt de livrer un combat profond et à longue portée contre lui-même. Si vous préférez, l’art chevaleresque du tir à l’arc ne consiste nullement à poursuivre un résultat extérieur avec un arc et des flèches, mais uniquement à réaliser quelques chose en soi-même selon une doctrine qui a nom : le Zen. »
Seulement après ces réflexions tout au fond de nous que nous libérons de la course à la « viande » nous pouvons enfin continuer sur le long chemin de l’apprentissage.

ARC

Un Equipement
Un Equipement fonctionnel du pêcheur à la mouche  &

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l’équipement du chasseur à l’arc

 

Maitre SUZUKI continu donc son enseignement et il nous montre comment tirer sans effort apparent et avec des gestes empreints de beauté.  « Considérez bien que l’on ne tire pas à l’arc pour fortifier ses muscles. Pour tendre la corde, il ne faut pas engager toute la force de votre corps mais apprendre à laisser vos deux mains exécuter tout le travail pendant que les muscles des épaules et des bras restent relâchés et paraissent ne prendre aucune part à votre action. C’est seulement lorsque vous êtes capables de cela que vous remplissez l’une des conditions grâce auxquelles vous banderez l’arc et tirerez « en esprit ». Vous vous engagez ainsi sur le rude chemin qui mène à « l’art sans art ». Pour tendre la corde, conseille le maître, relâchez-vous et respirez, mais respirez selon les règles. Alors vous constaterez que le tir à l’arc deviendra pour vous plus facile chaque jour, vous découvrirez de plus en plus le principe de toute force spirituelle et plus vous serez décontractés plus vous constaterez que cette source ruissèlera dans tous vos membres. L’acte de l’inspiration lie et réunit. Tout ce qui est convenable s’accomplit tandis qu’on retient le souffle. L’expiration, elle, délivre et parfait en triomphant de toute limitation. C’est cette technique qui permet de bander l’arc « en esprit ».
L’étape suivante est l’étude du lâcher du coup. Pour cela, conseille le maître, ne pensez pas à ce que vous avez à faire, le coup n’a l’aisance requise que lorsqu’il surprend le tireur lui-même. Il faut que la corde ait l’air de trancher subitement le pouce qui l’a retient. Il ne faut donc pas que vous ouvriez la main intentionnellement. Apprenez à bien attendre, et pour cela, libérez-vous de vous-même, laissez derrière vous tout ce que vous êtes tout ce que vous avez, de sorte que de vous il ne reste plus rien que l’attention sans aucun but. Quand tout découlera de l’oubli total de vous-même et du fait que vous serez intégré à l’évènement sans aucune intention propre, il conviendra que, sans aucune réflexion, direction ou contrôle, l’accomplissement extérieur de l’acte se déroule de lui-même. Regardez la feuille de bambou. Sous le poids de la neige, elle se courbe de plus en plus bas ; la charge de neige dégringole soudain sans que pour cela la feuille ait bougé. Restez comme elle, au maximum de la tension, jusqu’à ce que le coup parte. Car lorsque la tension est au maximum, il faut que le coup parte. Il faut qu’il se détache de l’archer comme la charge de neige de la feuille de bambou, avant même qu’il n’y ait songé. Il faut que votre tir tombe de vous comme un fruit mûr se détache de l’arbre. Vous direz que bander l’arc est une chose, lâcher le coup en est une autre ; mais faut-il encore atteindre la cible placée à une soixantaine de mètres. Le maître vous répondra que même si vous faites » mouche » à chaque coup, vous n’êtes qu’un vulgaire artiste en tir qui peut s’exhiber dans les foires. Pour l’ambitieux, la cible n’est qu’un méchant morceau de papier qu’il réduit en miettes. La grande doctrine du tir à l’arc connaît seulement le but qui ne s’atteint d’aucune manière technique et, si on lui donne un nom, ce nom c’est Bouddha. Si vos coups portent sur la cible, ce n’est que preuve et confirmation de votre vacuité totale d’intention, de votre dépouillement du « moi » et de votre absorption portée au maximum. La question que vous vous posez sans doute est celle-ci : comment se fait-il que le but extérieur, c’est-à-dire la cible, soit touchée sans que l’archer ait visé, de sorte que les coups au but confirment de l’extérieur ce qui se passe à l’intérieur ?
Voici la réponse du maître : Ces faits dépassent la portée de l’entendement, ne perdez pas de vue que déjà dans la nature extérieure, il est des harmonies qui, si elles sont incompréhensibles, n’en sont pas moins réelles. L’araignée tisse sa toile sans savoir que les mouches viendront s’y prendre ; la mouche ignore ce qui se trouve devant elle et se prend dans la toile. Dans l’araignée, comme dans la mouche, quelque chose danse, et dans cette danse, extérieur et intérieur sont un. C’est ainsi que l’archer atteint la cible, sans avoir extérieurement visé. Vous direz que tout cela n’est pas simple, mais considérez que ce que nous avons tenté de vous expliquer en cinq minutes, les élèves archers l’apprennent en cinq ans d’exercice quotidien. » J-P Goretta et F.Pichard ont été les premiers à pouvoir pénétrer dans l’enceinte du stand des archers de la garde impériale de Sa Majesté l’empereur Hiro-Hito, à l’intérieur du palais à Tokyo en novembre 1963. Ils ont été autorisés à filmer une démonstration…
Pour nous, pêcheurs à la mouche, l’idéal est exactement le même, la même réflexion profonde avant de commencer, et ensuite la même aisance pleine de grâce et la précision » comme par hasard ». Si vous voulez vraiment pêcher à la mouche (ce que j’ appelle pêcher à la mouche) le lancer est seulement que le moyen de vous exprimer , il doit vous permettre de placer votre mouche sans aucune réflexion à l’endroit que votre œil fixe. Vous ne vous occupez plus du geste ! Pour réussir de placer votre mouche de telle manière, il est indispensable de vous entrainer « quelques » heures sur du gazon.
Dans mon livre «  Apprendre la pêche à la mouche avec Erich H. Tölderer » je décris en détail la technique du « Lancer Autrichien » et la nécessité de choisir un équipement qui vous va « comme un gant » pour vous faciliter la tâche. Vous devez, comme pour l’arc, charger votre canne à mouche ( égale aux branches de l’arc ) avec l’énergie nécessaire pour projeter votre soie en avant vers la cible, entrainant votre mouche qui est égale à la pointe de la flèche. Le geste doit être exécuté sans crispation, avec mesure selon la distance. Le mot clef est « ÉNERGIE » laquelle se traduit par vitesse de votre soie, en comparaison avec la flèche. Cette ÉNERGIE, si vous la maitrisez bien, vous permet d’atteindre toutes les distances, de sécher votre mouche efficacement,de lancer les nymphes les plus lourdes sans les « accrocher aux oreilles », de percer le vent, de contourner les obstacles et de lancer au ras de la surface de l’eau. Si vous maitrisez cette « Sacrée ÉNERGIE » vous pouvez enfin être « open » pour faire UN avec la rivière. Sinon votre esprit et votre corps sont pris dans le combat avec la canne et la soie et vous êtes insensible aux mille émerveillements qui se produisent autour de vous. Le vrai but de la pêche à la mouche n’est pas de prendre une truite, mais faire un avec la rivière!

 

  Le livre : en forme d’ e-Book

Apprendre la peche à la mouche (glissé(e)s) » Apprenez la pêche à la mouche avec            

Erich H.Tölderer « 

est un must pour tout pêcheur à la mouche débutant ou déjà pratiquant et il est sur qu’il changera votre vision de votre passe temps favoris.

 

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